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DE LA VILLE DE PARIS.
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[i563]
et les plus advisez des cappitaines, et leur enjoindre de par le Roy ct la Ville aller par toutes les maisons de leurs quartiers admonester tous les cytoyens de ceste Ville qu'ilz ayent à se contenir sans faire aucun
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trouble, esmotion ou injure à aulcun habitant de la Ville, ou autre, en quelque sorte et maniere que ce soyt, dont on se prendra à eulx, s'il se faict chose au contraire.
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CCCXXXIV. -— Lettres du Roy pour le secourir de iiic m livres.
i4 avril i563. (Fol. 188 r°.)
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Le mercredy, xiiii0 jour d'Avril vc lxiii, après Pasques, monsr le Prevost des Marchans a apporté au Bureau de lad. Ville certaines lettres patentes du Roy, données à Amboise ie huictiesme Apvril v° lxii , avant Pasques, et deux lettres missives dud. Sr, l'une donnée à Amboise le premyer jour d'Apvril vc lxii, avant Pasques, signée : CHARLES, et au dessoubz : Robertet ; l'autre donnée aud. Amboise le ix" jour d'Apvril avant Pasques, signée : CHARLES, et au dessoubz : de l'aubespine, lesquelles lettres led. sr Prevost des Marchans receust hyer au soir des mains de monsr de Gonnor, chef des. finances du Roy'1', desquelles lettres la teneur ensuyt de l'autre part :
1er avril.
De par le Roy.
"Trés chers et bien amez, nous escripvons presentement à nostre trés cher et amé cousin le sr de Gonnor, chef de noz finances, qui est de delà exprès pour noz affaires, ensemble aux presidens de Thou et Boullancourt, l'extreme besoing qu'avons d'estre promptement ayde et secouru par emprunt -2) d'aucuns noz bons officiers et subjeetz de nostre bonne ville et cité de Paris qui ont quelque commodité et aisance, jusques à la somme de trois cens mil livres, pour satisfaire [à partie] du payement de ce qu'il est deu aux gens de guerre que nous avons sur les bras, et principallement pour renvoyer, licentier et donner
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congé aux estrangers, affin qu'ilz ne nous constituent en plus grande despence et foullent nostre pauvre peuple par faulte de les payer, comme ilz feroient au devant le retardement de leurd, payement, en actendant que les deniers qui sont à recepvoir de lad. vente à constitution de rente des deux cens mil livres tournois dernierement aliénez à l'Hostel de nostredicte ville de Paris puissent estre recouvertz. Et à ceste fin envoyons à nostred, cousin le sr de Gonnor plusieurs de noz lettres adressantes tant à nostre Court de Parlement aud. Paris, Chambre des Comptes, Court des Aydes, Chastellet, que à autres gens d'esglises, bourgeois, marchans et veufves de lad. Ville, que avons congneuz et estimé nous pouvoir secourir à ung si bon besoing ; lesquelles nous luy mandons vous communicquer, pour ensemblement requerir ceulx à qui nosd. lettres s'adressent de nous faire prest jusques a la my aoust prochaine des sommes mentionnées dans chascunes de nosd. lettres, à quoy nous vous pryons et neanlmoings mandons v tenir la main de vostre costé, sans v perdre une seulle heure de temps, selon la parfaicte fiance qu'avons de vous, ct à ce que vous en dira dc nostre part nostred, cousin led. sr de Gonnor, que vous croirez comme nous mesmes, comme bien instruict de nosd. necessittez, vous pouvans assurer qu'il n'y aura faulte de leurd, remboursement dans le temps susd. ; et de ce je vous prye les en tenir certains, et
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O Catherine de Médicis, écrivant à M. de Gonnor dans les premiers jours d'avril, lui mandait son intention de consacrer au payemeut des gens do guerre étrangers renvoyés dans leur pays les ressources que l'on pourrait réaliser à Paris, soit au moyen de constitution de rentes, soit au moyen d'emprunt, et renvoyait par la méme occasion le secrétaire de M. de Gonnor, avec les lettres patentes et lettres missives demandées par Artus de Cossé, tt pour le faict des empruntz, adressans aux Prevost des Marchans et Eschevins de Parisn. Cc nouvel appel à l'Echevinage semblait coûter beaucoup à la Reine-Mère qui disait avec une certaine amertume au bas d'une lettre adressée à M. de Gonnor, le 19 avril : "Si seulx qui aunt comensé la guerre heuse heu pacienco dc nous laisser achever set que avyons si bien commensé à Sainct Germain, nous ne feusions pas en la pouine que nous sommes d'establir heunepays qui né pas plus aven-tageuse que l'édit de janvyer, ne ausi de demander de l'arjeanl à la ville de Paris, ne d'endurer les maulx pasés et seulx que font à present les reystres.n (Lettres de Catherine de Médicis, t. Il, p. 12.) - .
C La pénurie d'argent était très grande; dès le mois de janvier, Robertet faisait au duc de Nemours ce lamentable aveu : -Nous sommes aujourd'hui si Courtz et desnuez d'argent qu'il ne se trouve pas ung denier pour l'armée de monseigneur de Guise, où, à raison de ce, tout le monde meurt quasi de faim..- Ce qui dominait tout c'était la question financière, elle préoccupait tellement l'autorité royale qu'au moment de signer l'édit d'Amboise, c'est-à-dire le 16 mars, la Reine-Mère écrivait à M. de Gonnor : "La paix estant faicte et asseurée, tout ce que nous avons affaire, c'est d'avoir de l'argent pour licencier et conlanter noz gensn. {Lettres de Catherine de Médicis, t. I, p. 529; -• --» P- 17.)
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